à la recherche d’un emploi ?

Vous êtes à la recherche d’un emploi ? Nous vous y soutenons ! Les dates des cours du deuxième semestre de notre programme de mentoring 2021 sont fixées.

Les coûts du programme sont trop élevés ? Pour les personnes privées, un soutien financier est possible sur demande. Nous disposons d’un fonds avec lequel nous pouvons couvrir une partie des coûts. Toutefois, ces fonds étant limités, nous vous invitons à vous inscrire le plus rapidement possible !

Vous pouvez nous contacter au 077 440 93 02 ou par courriel à l’adresse mentoring@multimondo.ch ou venir en personne pendant nos heures d’ouverture.

Nous sommes situés à la

Rue du Marché-Neuf 64
2503 Biel/Bienne

et sommes disponibles aux heures suivantes :

Lundi 10h00 -13h00
Mardi 15h00 -18h00
Jeudi 15h00 -18h00

Nous recherchons des bénévoles!

Nous recherchons des bénévoles pour notre garderie.

Description du travail
Avec un-e collègue vous vous occuperez d’un petit groupe d’enfants âgés de 2 à 6 ans. Selon le temps, vous irez à l’extérieur avec les enfants ou vous les aiderez à réaliser des bricolages et des jeux dans nos locaux.

Exigences
Vous aimez passer votre temps libre avec des enfants et vous prenez du plaisir à communiquer avec eux ? Vous rencontrez les autres avec respect, vous êtes de nature tolérante et vous acceptez l’autre dans son intégrité ? Vous êtes patient-e ? Alors nous nous réjouissons de vous connaître !

Connaissances d’allemand ou de français au moins au niveau B1.

Emploi du temps
2,5h par unité
1 à 3 fois par semaine.

Personne de contact
Silvana Keck-Drammeh, silvana.keck@multimondo.ch
032 322 50 20

Résumé de la 11ème soirée Dialogue

La 11e soirée Dialogue a eu lieu mardi 23 mars. Vous pouvez lire le résumé ci-dessous

Soirée Dialogue du 23 mars « L’exploitation du travail en Suisse : comment la reconnaître et que pouvons-nous faire pour y remédier ? » Avec Nicole Emch de l’ACT 212.

Depuis 2018, l’association MULTIMONDO organise la série d’événements Dialogue, qui invite des personnes aux biographies diverses et variées à discuter et échanger sur des sujets sociopolitiques lors de plusieurs soirées par an. Nicole Emch, coordinatrice du travail de sensibilisation et des relations publiques de l’association ACT212 était notre invitée le 23 mars.

Pendant la soirée Dialogue, Nicole Emch nous a présenté l’ « ACT212, Centre de consultation et de formation contre la traite des personnes et l’exploitation sexuelle ». L’ACT212 s’engage à lutter contre la traite des êtres humains et les problèmes connexes tels que l’exploitation sexuelle et l’exploitation du travail. Le nom même du centre de consultation et de formation est révélateur de ses champs d’action : ACT212 est l’acronyme de « Agir, Coopérer, Thématiser », suivi de la date de ratification du traité international contre la traite des êtres humains en Suisse le 2ième décembre 1949 (2.12.1949). L’objectif de l’ACT212 est de lutter contre la traite des êtres humains en Suisse et à l’étranger, d’identifier et de protéger les victimes et de punir les auteur-e-s. L’ACT212 dispose également d’un bureau national d’enregistrement à bas seuil où les victimes, les parents, les connaissances, les employeur-euse-s ou d’autres personnes peuvent signaler des cas de traite des êtres humains ou des situations d’exploitation ou demander conseil. Si cela s’avère nécessaire et possible, et en concertation avec la personne concernée, les cas sont transmis aux autorités compétentes ou à d’autres organismes compétents.

Nicole Emch a commencé par donner un aperçu des différentes formes que peut prendre la traite des êtres humains :

La traite des êtres humains peut prendre la forme de l’exploitation sexuelle, de l’exploitation du travail, de la mendicité organisée, de la violence rituelle, du mariage forcé ou de la méthode du loverboy. Les « Loverboys » sont des trafiquants et des proxénètes et souvent des adolescents eux-mêmes. Ils séduisent les jeunes filles (12-18 ans) en leur promettant le grand amour. La jeune fille est alors systématiquement rendue dépendante de lui et de plus en plus isolée de son environnement. Petit à petit, il l’initie à la prostitution dans le but de gagner le plus d’argent possible avec elle. Finalement, elle est amenée à se prostituer pour l’aider financièrement.

La traite des êtres humains est extrêmement lucrative et elle touche 40 millions de personnes (surtout des femmes et des enfants) dans le monde entier. La forme la plus courante est l’exploitation sexuelle. Selon l’article 182 du Code pénal suisse, la traite des êtres humains est une infraction punissable.

Nicole Emch indique qu’environ 400 déclarations ont été reçues depuis le lancement du Bureau national d’enregistrement des déclarations en octobre 2015. Toutes les formes de traite des êtres humains ont été incluses dans ces déclarations. La plupart de ces déclarations ont été faites par des proches, et non directement par les victimes de la traite.

La suite de la discussion lors de la soirée Dialogue s’est orientée vers les différentes formes d’exploitation du travail en Suisse. Nicole Emch a ajouté que sur les 400 déclarations reçues, 29 déclarations avec un total de 57 victimes concernaient l’exploitation du travail. Les secteurs du travail concernés sont surtout la construction, l’hôtellerie, l’agriculture, les services de beauté et des secteurs plus cachés, car appartenant au secteur privé, comme le ménage, les soins aux enfants/aux personnes âgées. On estime que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé que 29 cas avec 57 victimes. Selon Nicole Emch, il y a plusieurs raisons pour lesquelles il y a si peu de déclarations : a) la personne se trouve illégalement en Suisse et ne s’adresse pas aux autorités compétentes par crainte d’être expulsée du pays ; b) elle se retrouve dans une situation de dépendance (par exemple, elle est dépendante du travail et ne peut pas se « permettre » de résister en risquant de perdre son emploi) ; c) la personne elle-même ne se rend pas compte qu’elle est exploitée (par exemple, elle n’est pas suffisamment consciente de ses droits en tant que salariée ; elle ne sait pas qu’elle a droit à un salaire plus élevé). Nicole Emch décrit un exemple frappant d’exploitation du travail en Suisse. L’homme concerné a contacté le bureau national de signalement et a décrit son cas :

Il vient d’un pays européen et déclare avoir travaillé plusieurs mois dans une entreprise en Suisse sans recevoir de salaire. Pendant cette période, il habitait chez des compatriotes moyennant un petit loyer. Comme il ne recevait pas de salaire, il ne pouvait plus payer son loyer et a dû rentrer dans son pays. Seulement plus d’un an après, il prend son courage à deux mains et envoie un mail au Bureau d’enregistrement des déclarations, depuis l’étranger. Il est directement mis en réseau avec un centre de conseil dans le canton concerné.

Comment pouvons-nous détecter plus simplement ces situations et comment pouvons-nous y remédier ? Selon Nicole Emch, une étape importante consiste à sensibiliser les professionnel-le-s, les employeur-euse-s et le grand public à cette question, et à faire connaître les bureaux de signalement et de conseil tels que l’ACT212. Au niveau politique, il y a une demande, selon elle, pour changer les bases légales actuelles, car celles-ci ne sont souvent pas assez efficaces.

La thématique est très vaste et a soulevé plusieurs questions de la part du public. La soirée a montré qu’il est difficile de déterminer si une situation peut être qualifiée d’exploitation ou non. Les frontières sont flexibles et il n’existe pas de base juridique claire. Il est certainement important de prendre conscience de la situation, également en ce qui concerne nos choix de consommation, et d’agir en cas de suspicion et, éventuellement de se faire conseiller. Les cas peuvent être décrits auprès du Bureau d’enregistrement des déclarations qui établira une première évaluation, après quoi il peut encore être décidé si le cas doit être poursuivi ou non. Le rapport peut être fait de manière totalement anonyme.

Si vous êtes concerné-e-s ou connaissez quelqu’un-e qui se trouve dans une situation d’exploitation, n’hésitez pas à contacter l’ACT212 – Bureau national d’enregistrement des déclarations contre la traite des êtres humains et l’exploitation au 0840 212 212.

 

Dialogue est soutenu par fondia.

 

Forum Together en avril et mai

Pour les enfants :

Le 24 avril, le premier concert pour enfants de cette année aura lieu. Les artistes ont préparé pour les enfants de nombreuses nouvelles mélodies de différentes parties du monde! Vous trouverez de plus amples informations ici.

Réservez également le 26 mai ! Forum Together proposera un programme passionnant et plurilingue pour les enfants dans le cadre de la Journée nationale de la lecture à voix haute !

Pour les jeunes :

L’association « Zuhören Schweiz » vient à Bienne avec son projet « Les oreilles en voyage ». Lors de plusieurs soirées en mai et juin, les jeunes peuvent réaliser leurs propres enregistrements de sons, bruits, musiques, voix et langues qui jouent un rôle important dans leur vie. Ils et elles apprendront des moyens simples de production audio (outils d’enregistrement, logiciels de montage) et, avec un soutien, « construiront » leur propre pièce audio personnelle. Plus d’informations bientôt sur notre site web et sur Facebook.

Pour les adultes :

Les clubs de lecture espagnol et russe continuent à se réunir, en ligne ou sur place (en respectant les mesures sanitaires), une fois par mois chacun pour discuter de livres dans leurs langues respectives.

A partir d’avril, les premiers ateliers seront également organisés pour développer un jeu de société autour des langues et des cultures. Le jeu a pour but d’offrir un espace aux différentes langues et cultures et de promouvoir l’échange et la compréhension mutuelle. Les personnes intéressées peuvent s’y joindre à tout moment. Plus d’informations sont disponibles ici.

Après la première soirée d’information en septembre 2020 à Multimondo, la première rencontre du projet « Nos Voix Bienne » est prévue le 8 mai à Haus pour Bienne. Lors de cette réunion, les sujets sur lesquels le projet élaborera des recommandations seront sélectionnés. Les recommandations sélectionnées seront ensuite discutées de manière plus approfondie lors d’autres événements les 12, 19 et 26 juin. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire sur https://forms.gle/9uqL8KkNeEiKk21p9 et contacter Andi Geu du NCBI au 076 416 16 22 pour toute question. Plus d’informations sont également disponibles ici.

Pour tous et toutes :

L’armoire solidaire a ouvert ses portes dans le foyer de MULTIMONDO au début du mois d’avril. Tous les jeudis de 9h30 à 11h30, vous pouvez y trouver des articles gratuits (vêtements, jouets, vaisselle et bien plus encore).

La bibliothèque interculturelle LibriMondo rouvre ses portes après les vacances de printemps, à partir du 26 avril aux horaires habituels. Nous continuons également à offrir le prêt à distance ! Vous trouverez plus d’informations sur les heures d’ouverture, le prêt à distance et les autres offres de LibriMondo ici.

langues et cultures – développement jeu

Multimondo travaille avec Interbiblio, La Red (Fribourg) et Bibliobaobab (Bellinzone) sur un projet national visant à faire découvrir les différentes langues et cultures à travers un jeu de société. Entre avril et octobre, nous cherchons des personnes ayant des compétences linguistiques et des expériences de migration différentes qui sont motivées à participer à des ateliers, lors desquels il y aura la possibilité de partager ses propres connaissances des langues et des cultures et ainsi collaborer au développement du jeu. La date exacte et la forme que prendront ces ateliers sont encore à clarifier.

Aimeriez-vous participer ? Veuillez alors nous contacter dès maintenant par mail forumtogether@multimondo.ch, par téléphone au 032 322 50 20 ou par WhatsApp/SMS au 077 905 75 61.

Connaissez-vous des personnes qui pourraient être intéressées ? Faites-leur alors parvenir ces informations.

Resumé de la 10eme soirée Dialogue

La 10e soirée Dialogue a eu lieu mardi 9 février. Vous pouvez lire le résumé ci-dessous

Soirée Dialogue du 9 février « Des enfants et des écrans – Comment accompagner nos enfants pour qu’ils trouvent l’équilibre ?» Avec André Huegi de Santé Bernoise.

Depuis 2018, l’association MULTIMONDO organise la série d’événements Dialogue, qui invite des personnes aux biographies diverses et variées à discuter et échanger sur des sujets sociopolitiques lors de plusieurs soirées. André Huegi, conseiller spécialisé de Santé Bernoise dans le secteur de la Promotion de la santé et Prévention, était notre invité le 9 février.

André Huegi a lancé une discussion enrichissante sur le sujet des enfants et des écrans en nous donnant quelques éléments sur l’état actuel de la recherche et l’avis des experts dans ce domaine. Depuis plusieurs années, nous sommes entré-e-s dans l’ère du numérique. Cela est d’autant plus évident en période de pandémie, durant laquelle de nombreuses activités non-numériques ont été annulées, limitées ou même organisées en ligne. Selon l’enquête suisse JAMES (Jeunes-Activités-Médias-Enquête Suisse) publiée en 2020 et menée auprès de milliers de jeunes en Suisse entre 12 et 19 ans, il est de plus en plus fréquent que des enfants disposent déjà d’un smartphone dès l’âge de 12 ans. Le problème n’est pas la possession du smartphone en soi, mais plutôt le fait que les jeunes se protègent moins bien qu’auparavant. Le but de la soirée n’était donc pas de diaboliser cette évolution et l’apparition des écrans dans notre vie quotidienne, mais de faire face à la situation et d’apprendre à utiliser le numérique pour satisfaire nos besoins et nos désirs de manière significative. Les êtres humains ont toujours dû s’adapter aux changements sociétaux, politiques, environnementaux, etc. Pour notre époque, cela signifie trouver un équilibre en ce qui concerne la numérisation.

Divers experts ont formulé des recommandations sur la manière de traiter les médias numériques dans l’éducation des enfants. Selon le psychiatre Serge Tisseron et la psychologue Sabine Duflo, il est logique d’adapter l’utilisation des médias numériques à l’âge de l’enfant et de prendre ainsi en compte son développement. Ils recommandent de ne pas regarder la télévision avant l’âge de 3 ans, de ne pas utiliser de consoles de jeu avant l’âge de 6 ans, d’utiliser l’internet seulement à partir de 9 ans et les réseaux sociaux à partir de 12 ans. Par exemple, il n’est pas logique qu’un enfant de moins de 3 ans regarde la télévision, car les jeunes enfants doivent découvrir le monde avec leurs sens et ce genre de découverte n’est pas possible par les écrans. Néanmoins, André Huegi souligne que cela ne doit pas être établi comme une règle rigide, mais que les circonstances actuelles doivent toujours être prises en compte. Pour ce faire, il est utile de considérer les trois éléments suivants : les écrans, l’enfant et l’environnement. Concrètement, cela signifie que : a) Nous devons toujours considérer l’usage que l’enfant pourrait faire des médias numériques (est-ce que cela sert à contacter les grands-parents ou à le divertir parce qu’il s’ennuie ?) ; b) Ce qui convient à l’enfant en fonction de son développement (le jeu « Fortnite » pourrait permettre à un enfant timide de montrer ses compétences stratégiques à ses pairs, alors qu’un autre enfant pourrait devenir plus violent) ; c) L’environnement ou le contexte du moment : pour des raisons particulières (par exemple, , la météo, une maladie, etc.) deux heures de jeux vidéo pourraient être autorisées au lieu d’une. André Huegi souligne également l’importance d’accompagner l’enfant dans l’usage des médias numériques, de ne pas le laisser seul et sans repères. Cela ne signifie pas que les parents doivent contrôler/monitorer ce que l’enfant fait. L’éducation aux médias se réfère plutôt à l’utilisation raisonnable et consciente du numérique (par exemple en ce qui concerne la publication de photos, les contacts via Internet ou l’interaction respectueuse avec d’autres utilisateurs-trices) et non à son utilisation technique (savoir comment faire fonctionner quelque chose). Accompagner l’enfant dans l’utilisation des médias numériques signifie également maintenir un lien et un dialogue avec l’enfant, par exemple en s’intéressant à ce que l’enfant regarde ou à quoi il joue, sans le diaboliser.

Après l’input d’André Huegi, les participant-e-s ont partagé leur expérience personnelle et leurs soucis à propos des médias. Est-il légitime d’imposer des règles pour l’utilisation des écrans ou est-on trop alarmiste ? Comment poser un cadre quand, de l’autre côté, il y a la pression des autres enfants qui ont peut-être plus de liberté dans l’utilisation des médias numériques ? Comment éviter que l’enfant soit exclu de son groupe d’ami-e-s qui jouent aux jeux vidéo tout en l’encourageant à s’intéresser à d’autres sujets ? André Huegi nous a révélé qu’il n’y a pas de recette miracle, mais qu’en tous les cas poser un cadre et des règles claires pour l’utilisation des médias numériques est légitime et nécessaire et constitue une preuve d’amour.  Aussi, selon la psychologue Sabine Duflo, les parents doivent aider les enfants à trouver un équilibre avec des règles raisonnables, car les enfants ne sont pas (encore) capables de s’autoréguler, en particulier lorsqu’il s’agit de médias numériques, qui ont un fort potentiel de dépendance.  Ces règles doivent toujours considérer les trois éléments mentionnés ci-dessus (les écrans, l’enfant et l’environnement) et elles peuvent toujours évoluer et être discutées entre les parents et l’enfant. En outre, en posant un cadre, les parents partagent leurs valeurs avec l’enfant, ce qui représente un grand trésor.

Finalement, ce qui ressort de cette thématique est toujours la grande question : « Comment être des bons parents ? » André Huegi nous a rassuré-e-s : Etre parents n’est pas toujours facile mais il est utile de se rappeler que parfois pour l’enfant un « non » est plus constructif qu’un « oui », même s’il est plus difficile à accepter sur le moment. L’important est de toujours garder un lien avec l’enfant et de discuter avec lui. S’informer et se soucier de ses enfants va déjà dans cette direction.

 

Dialogue est soutenu par fondia.

 

Résumé de la 9ème soirée Dialogue

La 9ème soirée Dialogue a eu lieu mardi 8 décembre, vous pouvez lire le résumé ci-dessous

Soirée Dialogue du 8 décembre « Participation politique sans passeport suisse – quelles sont les options ? Et sont-elles suffisantes ? » Avec Floride Ajvazi-Dirscherl et Tatiana Vieira.

Depuis 2018, l’association MULTIMONDO organise la série d’événements Dialogue, qui invite des personnes aux biographies diverses et variées à discuter et échanger sur des sujets sociopolitiques lors de plusieurs soirées. Le 8 décembre 2020, Floride Ajvazi-Dirscherl, cheffe de projet, motion de participation/Centre de compétences Intégration de la Ville de Berne et Tatiana Vieira, co-présidente de l’association Mitstimme, étaient nos invitées.

Sylvia Joss, modératrice de la soirée et responsable de projet du Forum Together, a introduit la discussion en nous donnant quelques éléments de contexte, nécessaires à la compréhension des possibilités de participation politique des personnes sans passeport suisse au niveau fédéral, cantonal et communal. Au niveau fédéral, les personnes sans passeport suisse n’ont pas le droit de vote et d’élection, ce qui prive du droit de vote 33% de la population. Au niveau cantonal, les deux cantons Jura et Neuchâtel octroient aux personnes sans passeport suisse le droit de vote et d’élection, mais pas le droit d’éligibilité (d’être élu-e).  Au niveau communal, quatre cantons (Jura, Neuchâtel, Vaud et Fribourg) accordent les droits de vote et d’éligibilité. Genève, au niveau communal, octroie le droit de vote et d’élection, mais pas d’éligibilité. Trois autres cantons (Grisons, Appenzell Rhodes-Extérieures et Bâle-Ville) concèdent le droit de vote et d’éligibilité facultatif au niveau communal, c’est-à-dire que les communes peuvent décider d’accorder ou non le droit de vote et d’éligibilité aux personnes sans passeport suisse.

Même si à ce jour, peu de cantons et de communes disposent de lignes directrices plus inclusives pour la participation politique de leurs résident-e-s sans passeport suisse, des efforts ont été faits dans ce sens ces dernières années. Des initiatives ont été lancées à divers endroits, sans toutefois être adoptées jusqu’à présent. À Bâle-Ville, une initiative visant à introduire le droit de vote pour les étrangères et étrangers a été rejetée en 2010, et à Bâle-Campagne, l’initiative « Droit de vote pour les résident-e-s permanent-e-s » a été rejetée en 2017. La ville de Zurich veut introduire le droit de vote communal pour les étrangères et étrangers ; à Berne une initiative pour le droit de vote communal pour les personnes sans passeport suisse a été rejetée il y a quelques semaines par 76 contre 68 votes, avec 3 abstentions.

Dans certains cantons et communes où les personnes sans passeport suisse n’ont pas le droit de vote ou d’éligibilité, il y a quand même des alternatives qui leur permettent de participer à la politique. Floride Ajvazi-Dirscherl et Tatiana Vieira nous ont présenté deux modèles de participation politique dans leurs villes ou cantons respectifs. Floride Ajvazi-Dirscherl nous a parlé de la motion de participation (« Partizipationsmotion ») en vigueur dans la ville de Berne depuis 2016. La motion de participation permet aux personnes sans passeport suisse de participer à la politique sous forme de demandes spécifiques au conseil de ville. En bref, la personne ou le groupe de personnes qui aimerait faire parvenir sa demande au conseil de ville, doit trouver une question relevant de la compétence de la ville et faire signer leur motion à au moins 200 résident-e-s étranger-e-s (avec permis B, C ou F) majeurs qui vivent en ville de Berne depuis au moins 3 mois. La motion de participation doit être soumise au secrétariat du conseil, qui analyse la motion formellement et dans son contenu. Le bureau du conseil de ville décide alors de sa validité et la motion est soumise au conseil de ville sous forme de recommandation d’acceptation ou de rejet. Lorsque la motion est examinée par le conseil de ville, le ou la premièr-e signataire (ou un-e remplaçant-e) peut représenter la motion et le conseil de ville décide de l’accepter ou de la rejeter. Si la motion est acceptée, le conseil de ville dispose de deux ans pour la mettre en œuvre.

Tatiana Vieira nous a présenté l’association « Mitstimme », dont elle est co-présidente et qui a été fondée à Bâle en 2016. L’association vise à promouvoir la participation politique des personnes sans droit de vote et d’éligibilité et organise des Sessions des migrant-e-s (« Migrant*innensessionen ») depuis 2018. Dans des groupes de travail, des personnes issues de la migration développent diverses idées pour améliorer les questions sociales, qui sont ensuite présentées lors d’une session parlementaire (« Migrant*innensession »). En préparation à la session, diverses formations sont organisées, au cours desquelles les participant-e-s en apprennent davantage sur le système politique suisse, leurs droits et devoirs, les possibilités d’action, et entraînent également leurs compétences de présentation. Tout au long du processus, les participant-e-s coopèrent activement avec les responsables politiques locales des différents partis. Ces dernier-ères sont présent-e‑s aux réunions des groupes de travail et participent aux débats, font connaissance avec les participant-e-s lors d’un speed dating et apprennent ainsi de façon directe des personnes issues de la migration, les différentes idées et propositions, leurs préoccupations et les changements qu’ils souhaitent.

Tatiana Vieira souligne l’importance de rendre visibles les thématiques qui sont au cœur des personnes issues de la migration et de permettre à ces dernières de savoir comment présenter et exprimer leurs préoccupations.

Dans toute la Suisse il y a des projets similaires, qui proposent des initiatives bottom-up, comme par exemple « Die Stimme der Migrantenvereine des Kantons St. Gallen » (La voix des associations des migrant-e-s du canton de Saint Gallen) dans le canton de Saint Gallen ; le parlement des migrant-e-s dans le canton de Lucerne ou le projet « Nos Voix », qui est initié et coordonné en divers endroits par le NCBI (National Coalition Building Institute). Ce projet est maintenant également lancé à Bienne, en collaboration avec la ville de Bienne et Nidau et MULTIMONDO.

Malgré le rejet de l’initiative pour le droit de vote des personnes sans passeport suisse à Berne, les deux exemples et d’autres projets donnent de l’espoir aux participant-e-s de la soirée de Dialogue. Ils et elles voient également une opportunité de travailler plus étroitement avec les différentes municipalités en vue du prochain référendum sur cette question et ainsi de soutenir plus largement cette cause. Les participant-e-s concluent qu’il est important de proposer à nouveau cette question prochainement, car, comme l’a dit Floride Ajvazi-Dirscherl : “Goute après goute, l’eau creuse la pierre”.

Dialogue est soutenu par fondia.

 

Résumé de la 8ème soirée Dialogue

La 8e soirée Dialogue a eu lieu mardi 13 octobre, vous pouvez lire le résumé ci-dessous

Soirée Dialogue du 13 octobre « Femme et travail : comment parvenir à l’égalité dans le monde du travail ? » Avec Nina Prochazka et Anna Tanner.

Depuis 2019, l’association MULTIMONDO organise la série d’événements Dialogue, qui invite des personnes aux biographies diverses et variées à discuter et échanger sur des sujets sociopolitiques lors de plusieurs soirées. Nina Prochazka, conseillère en développement organisationnel, coach et experte de Jobsharing et Travail 4.0 et Anna Tanner, membre du Conseil de ville et assistante sociale, étaient nos invitées.

Pendant la soirée nous avons abordé différents sujets liés à la question des femmes en rapport avec le marché du travail comme par exemple l’égalité en matière de rémunération et d’autres revendications de la grève des femmes de 2019 ; le jobsharing et son potentiel pour atteindre l’égalité sur le marché du travail.

Après la présentation des deux invitées, Nina Prochazka et Anna Tanner, et des participant-e-s qui ont exprimé leurs attentes par rapport à la soirée, Sandra Joye, modératrice de la soirée ainsi que co-directrice et responsable du domaine intégration au travail de Multimondo, nous a donné quelques chiffres et faits concernant le sujet pour lancer la discussion. La Suisse est actuellement au 18e rang en ce qui concerne l’égalité entre hommes et femmes. En effet, bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution depuis 1981, la réalité des faits est bien différente. En 2016, le salaire médian mensuel brut des hommes se montait à CHF 6830 tandis que celui des femmes à CHF 6011. Comment s’explique cette inégalité ? Selon Anna Tanner, il y a une discrimination qui commence déjà dès les premières étapes de la socialisation. Les filles sont encouragées à faire des activités qui correspondraient aux valeurs typiquement « féminines » (la solidarité, l’empathie, etc.), donc vers des métiers sociaux, qui sont en principe des métiers moins bien payés par rapport aux métiers typiquement « masculins ». En outre les femmes s’occupent aussi davantage des travaux d’assistance non rémunérés, c’est-à-dire des soins aux enfants, des tâches ménagères, des soins aux membres de la famille malades ou âgés. Même lorsqu’un enfant naît, les femmes sont plus enclines que les hommes à réduire leur taux de travail ou même à quitter complètement le marché du travail pendant un certain temps. Le travail à temps partiel est donc plus fréquent chez les mères ayant des enfants de 0 à 12 ans que chez les pères ayant des enfants de cet âge (59,6% contre 11,2% en 2017). Les hommes qui réduisent leur taux d’activité professionnelle le font surtout pour des raisons de formation alors que les femmes pour des raisons familiales.

Qu’est-ce que cela signifie pour une femme de ne plus travailler ou de travailler moins ? Selon Nina Prochazka, l’argent n’est pas le problème central. Le problème réside dans le fait de ne pas acquérir de l’expérience et de ne pas renforcer des compétences précieuses pour le marché du travail. Avec un marché de travail de plus en plus dynamique, il peut être très difficile de continuer à développer ses compétences, même avec de courtes interruptions. Pour cette raison, nos invitées ont souligné l’importance de garder toujours un pied dans le marché du travail. Sandra Joye ajoute qu’un stage, un poste à temps partiel ou temporaire sont également essentiels pour rester ou devenir attractifs sur le marché du travail. Cette recommandation concerne les mères qui retournent au travail ainsi que les personnes issues de la migration, les personnes de plus de 50 ans ou les diplômé-e-s à la recherche d’un emploi.

Anna Tanner souligne un autre phénomène important : l’intersectionnalité. L’intersectionnalité fait référence aux multiples discriminations dont sont victimes certaines personnes, que ce soit dans l’environnement professionnel ou dans la vie quotidienne. Ils/Elles se trouvent à l’intersection de diverses formes de discrimination, comme la discrimination en tant que femme et en tant que personne issue de la migration. Le handicap, l’orientation ou l’identité sexuelle sont également des facteurs qui peuvent conduire à la discrimination. En particulier pour les personnes issues de la migration, lors de la recherche d’un emploi ; outre la barrière linguistique, il arrive souvent que les qualifications acquises à l’étranger ne soient pas reconnues en Suisse. Et pour les femmes, issues ou pas de la migration, une grossesse potentielle peut être une raison suffisante pour préférer un concurrent masculin.

Les revendications faites lors de la grève des femmes du 14 juin 2019 sont basées sur ces problématiques-là : la revalorisation financière et sociétale du travail des femmes, par exemple à travers une analyse des salaires ; davantage de temps et d’argent pour le travail d’assistance, par exemple à travers le congé paternité ou parental ; le travail dans le respect et sans sexisme, par exemple grâce à une protection étendue contre le licenciement pendant la maternité et les soins familiaux. Tout-e-s les participant-e-s à la soirée Dialogue étaient unanimes sur le fait qu’un changement est nécessaire afin de mettre fin aux inégalités entre les femmes et les hommes, mais les moyens par lesquels cela doit ou peut être réalisé ont néanmoins fait l’objet d’une discussion critique. En effet, Nina Prochazka a remarqué que la rémunération du travail d’assistance pourrait alimenter un système qui voit les femmes reliées à la sphère privée et les hommes à la sphère publique. Les participants ont convenu qu’un travail de sensibilisation et d’éducation auprès des filles et des garçons est nécessaire dès le début et de toute urgence afin de parvenir à l’égalité, également dans l’environnement de travail. Selon Anna Tanner, les employeurs-euses doivent eux/elles aussi être sensibilisé-e-s à ce sujet et encouragé-e-s, par exemple, à introduire des systèmes de rémunération clairs, selon la devise : à travail égal, salaire égal. Bien que controversés, les quotas pourraient également être utiles dans un premier temps, par exemple pour voir plus de femmes aux plus hauts niveaux des entreprises.

Une autre possibilité a été proposée par Nina Prochazka : le « jobsharing », le partage d’un même poste de travail entre au moins deux personnes. Cela signifie qu’un poste à 100%, avec toutes ses tâches et responsabilités, est par exemple réparti entre deux personnes. Le taux de répartition peut varier selon les besoins (50:50%, 40:60%, 30:70%, …).  Ce modèle de travail, qui apparaît pour la première fois dans les années 1970 dans les États-Unis, permet aux personnes qui aimeraient travailler à temps partiel d’accéder à des postes de responsabilité, qui souvent ne peuvent être remplies qu’à temps plein. Le partage d’emploi offre également des possibilités intéressantes pour combattre la discrimination. Par exemple, des professionnel-le-s expérimenté-e-s peuvent partager un emploi avec des candidat-e-s en début de carrière ; une femme et un homme ; une personne issue ou pas de la migration ; des personnes ayant des compétences linguistiques différentes ou d’autres aptitudes complémentaires. Cela rend les exigences envers les individus un peu moins élevées et en même temps l’équipe devient plus diversifiée. Et la diversité apporte plus d’idées et plus de solutions. Nina Prochazka rapporte que le « jobsharing » est déjà mis en œuvre dans tous les secteurs et il est praticable dans tous les postes. Dans tous les cas, il est important de trouver le/la bon-ne partenaire de travail et de postuler à un emploi en équipe.

Encore une fois, la soirée Dialogue a montré une réalité complexe à laquelle nous sommes confronté-e-s chaque jour, mais a également offert des solutions concrètes et des réflexions importantes, notamment en ce qui concerne la diversité. Lorsque nous apprenons à connaître la diversité, il devient plus facile de nous reconnaître comme un tout cohérent.

Dialogue est soutenu par fondia.

 

Nous recherchons des mentor-e-s bénévoles

MULTIMONDO recherche…

Bénévoles prêts à soutenir les personnes issues de la migration dans le cadre de notre programme d’intégration au travail et mentoring (dans toute la durée de la procédure de la candidature).

Les mentor-e-s répondent aux critères suivants :

  • Expérience réussie et bon réseau dans le marché du travail
  • Langues: Très bonnes connaissances du français écrit et oral
  • Compétences interculturelles
  • Large connaissances des exigences et des compétences-clés du marché de travail
  • Disponibilité, 1-2 heures régulières par semaine, pour s’investir au tandem

MULTIMONDO offre aux mentor-e-s :

  • Une possibilité d’utilisation judicieuse par laquelle vous pourrez transmettre vos précieux expériences et savoirs
  • Une introduction consolidée et des formations régulières
  • Un accompagnement professionnel
  • Une indemnisation ainsi qu’une attestation d’emploi

Interessé-e ?

Contactez: mentoring@multimondo.ch ou 077 440 93 02

 

Visites guidées chez LibriMondo

LibriMondo propose désormais des visites guidées simples ou animées pour les classes d’écoles ou d’autres groupes. Le but de ces visites est de pouvoir mettre en valeur les différentes langues et écritures qui nous entoure, afin de sensibiliser les enfants à vivre la diversité comme un enrichissement.

Les visites de groupes permettent de promouvoir divers objectifs d’apprentissage de l’axe « approche interlinguistique » (L17, L27 et L37) du plan d’études de la Suisse romande (PER) et divers objectifs d’apprentissage de l’axe « langue(s) en vedette » et « littérature en vedette » de la section « langue » du plan d’études de la Suisse alémanique (plan d’études 21).

Les coûts sont de 50 CHF pour une visite guidée simple et de 150 CHF pour une visite animée. Ici vous trouverez de plus amples informations sur les objectifs des visites de groupe et leurs bénéfices ainsi que sur le contenu des visites simples et animées.

Vous êtes intéressé-e ou vous avez des questions ? Alors, n’hésitez pas à nous contacter par mail sylvia.joss@multimondo.ch ou par téléphone 032 322 50 20 !

12
X